Semaine 4
Activité 1
L’approche de Gestalt en IHM
Sommaire
Théorie de la Gestalt / théorie de la forme
La théorie de la Gestalt est une théorie d’origine allemande (début du XXe siècle) qui définit des principes de la perception. L’hypothèse de base est la suivante : devant la complexité de notre environnement, le cerveau cherche à mettre en forme et à donner une structure signifiante à ce qu’il perçoit, et ce, afin de simplifier et d’organiser les éléments. La perception est considérée comme étant le résultat d’une construction de la part de l’individu.
La tâche principale dans la perception consiste à décider ce qui, dans une représentation extérieure, fait figure de fond et de forme. Tout champ perceptif se différencie en un fond et une forme. C’est le cerveau qui attribue un sens, une forme à l’ensemble de stimuli extérieurs qui lui parviennent.
Lorsque nous percevons un objet, une partie du message nerveux est isolée et devient la figure (un ensemble structuré et limité sur lequel se concentre notre attention) et le reste des stimuli devient l’arrière-plan non structuré, soit le fond. Plus les attributs de la figure sont forts, plus la figure se démarque du fond.
La théorie de la Gestalt (« psychologie de la forme » en allemand) cherche à décrire la façon dont l’information était traitée par la conscience grâce à une série de lois structurales.
Les lois de groupement de la Gestalt sont les suivantes.
La loi de la bonne forme : loi principale dont les autres découlent : un ensemble de parties informe (comme des groupements aléatoires de points) tend à être perçu d’abord (automatiquement) comme une forme; cette forme se veut simple, symétrique, stable, en somme une bonne forme.
La loi de destin commun : des parties en mouvement ayant la même trajectoire sont perçues comme faisant partie de la même forme. Par exemple, le mouvement d’un groupe d’oiseaux dans une même direction (image ci-dessous).
La loi de proximité : nous regroupons ensemble les éléments proches les uns des autres, considérant que les éléments proches dans l’espace ont des points communs; par analogie, l’éloignement des éléments évoque la différence. Exemple : ici, on perçoit des colonnes à droite (regroupement des points les plus proches), un carré à gauche (loi de la bonne forme).
La loi de clôture : une forme fermée est plus facilement identifiée comme une figure (ou comme une forme) qu’une forme ouverte. Nous complétons les structures inachevées. Autrement dit, on a tendance à fermer les figures qui ne le sont pas.
La loi de similitude : tendance à regrouper les éléments qui se ressemblent. Notre cerveau regroupe les éléments semblables qui se ressemblent, qui ont des traits communs (forme, taille, couleur, etc.).
La loi de continuité : nous regroupons ensemble les éléments qui s’harmonisent les uns avec les autres; une série de points apparaît comme un seul objet.
La loi de symétrie : les régions entourées par les bordures symétriques sont perçues comme des figures/objets. Si la distance ne permet pas de regrouper les points, nous nous attacherons ensuite à repérer les plus similaires entre eux pour percevoir une forme. L’un des exemples les plus connus est le vase de Rubin :
Pour que la figure soit isolée, elle doit posséder un contour réel ou subjectif. Elle doit être mieux définie, mieux localisée, plus rapprochée, plus solide, plus intégrée, plus régulière et être fermée.
Application de la théorie aux interfaces
Voici une vidéo/présentation démontrant l’utilisation de certaines lois de la Gestalt appliquée à des exemples classiques d’IHM.
L’aspect d’une interface humain-machine (IHM) doit avoir des zones ayant des fonctions ou une importance similaire. Souvent, les différentes parties ont en commun certaines propriétés caractéristiques (couleur, texture, continuité des lignes, etc.).
Si on prend l’exemple d’un formulaire, les champs concernant l’adresse (rue, n°, code postal, ville, pays) seront regroupés dans un bloc. La distance entre les champs sera inférieure à la distance entre les blocs (loi de la proximité). Ce bloc sera délimité graphiquement par un bord ou une couleur de fond (loi de la clôture). A contrario, si des fioritures graphiques sont trop présentes, elles seront interprétées comme des formes et viendront perturber la lecture des contenus principaux.
Exemple de cas :
Note : Images tirées de la page de Wikipédia portant sur la Théorie de la Gestalt : https://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie_de_la_forme. Les images sont sous licences libres de droit ou de type Creative Commons.







